Bordeaux – Lyon : ce qu’il faut savoir avant de confier son véhicule
553 kilomètres d’ouest en est, en six heures de conduite, par une autoroute qui porte bien son nom. C’est la traversée du Massif central, et elle n’a pas toujours existé.
L’A89 : une autoroute récente qui a changé cet axe
La liaison autoroutière continue entre Bordeaux et Lyon est récente. Le tronçon Balbigny – La Tour-de-Salvagny, avec ses trois tunnels et ses huit viaducs, n’a été inauguré que le 10 mars 2013, et le raccordement final vers Limonest le 3 mars 2018. Auparavant, cet axe se faisait par routes nationales. L’A89, dite la Transeuropéenne, couvre aujourd’hui environ 527 kilomètres en service.
Une traversée de montagne, avec ce que cela implique
L’itinéraire franchit le Massif central et culmine au col de Cervières, à 806 mètres. Il emprunte le tunnel de Violay, long de 3 900 mètres, et une série de viaducs dont celui de la Goutte Vignole. C’est, après Annecy-Lyon, l’axe le plus exposé aux conditions hivernales de notre desserte. Nos convoyeurs adaptent l’équipement du véhicule en conséquence.
Bordeaux a perdu un quart de son trafic aérien
L’aéroport de Bordeaux-Mérignac a accueilli 5,9 millions de passagers en 2025, en baisse de 10,6 % : c’est la plus forte chute de France cette année-là, et le trafic se situe désormais 23 % sous son niveau de 2019, après le départ de la base Ryanair. Quand l’offre aérienne se contracte, l’acheminement routier du véhicule reprend du sens.
Un vignoble en pleine restructuration
La Gironde reste le premier département viticole de France, avec 91 543 hectares de vignes en production en 2025 et une récolte de 3,2 millions d’hectolitres. Le chiffre mérite d’être cité à jour : près de 21 000 hectares ont été arrachés depuis 2023, et les surfaces que l’on lit encore un peu partout datent d’avant cette restructuration. Elle restructuration déplace des exploitations, des matériels et des véhicules d’entreprise, dans les deux sens de l’axe.
À l’arrivée, la zone à faibles émissions de Lyon
Lyon applique l’un des régimes les plus stricts de France, et c’est le point à vérifier avant tout sur cet axe. Les voitures particulières non classées ou classées Crit’Air 5, 4 et 3 y sont interdites de circulation et de stationnement depuis le 1er janvier 2025, en vertu de l’arrêté métropolitain n° 2023-ZFE-007. La particularité lyonnaise n’est pas le niveau retenu, que plusieurs métropoles appliquent aussi, mais le fait que l’interdiction vaille 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, stationnement compris, sans exemption de week-end ni de jour férié. L’amende encourue est de 68 €, contravention de troisième classe au sens de l’article R411-19-1 du code de la route. Des dérogations existent, dont le dispositif « petit rouleur », qui ouvre 52 jours de circulation par an.
Second point, décisif pour un convoyage : depuis le 1er janvier 2024, le périmètre englobe les voies M6 et M7, les anciennes A6 et A7, qui portent le tunnel de Fourvière, ainsi que le périphérique Nord et le boulevard Laurent Bonnevay. La Métropole répond sans ambiguïté qu’un véhicule concerné n’est pas autorisé à transiter par Lyon : on ne traverse donc plus l’agglomération par l’ex-autoroute, et le contournement se fait à l’est, l’A46 et l’A432 étant hors périmètre. Nous vérifions la vignette avant le départ, jamais à l’entrée de la ville.
Un mot sur une rumeur tenace : les zones à faibles émissions n’ont pas été supprimées. Leur suppression avait bien été votée, mais le Conseil constitutionnel a censuré l’article 37 de la loi de simplification de la vie économique, en le qualifiant de cavalier législatif (décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026). L’obligation demeure dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants, et 25 zones étaient en place au 1er janvier 2025. Deux d’entre elles seulement, Paris et Lyon, relèvent des restrictions renforcées au titre du dépassement des valeurs limites de qualité de l’air.
Où nous enlevons et où nous livrons
Côté Bordeaux, l’enlèvement se fait couramment à la gare de Bordeaux-Saint-Jean, à l’aéroport de Mérignac, et dans les communes de Pessac, Talence, Bègles, Le Bouscat et Libourne. Côté Lyon, la livraison est demandée à la gare de la Part-Dieu, à Perrache, et dans les communes de Villeurbanne, Vénissieux, Bron, Caluire-et-Cuire et Saint-Priest.
Les motifs de convoyage sur cet axe
Achat d’un véhicule d’occasion entre les deux métropoles, mutation professionnelle, transfert de flotte, matériel viticole et véhicules d’exploitation déplacés au gré de la restructuration du vignoble. L’axe sert aussi de maillon est-ouest pour des convoyages plus longs, entre la façade atlantique et les Alpes.
Le trajet inverse : Lyon vers Bordeaux
La liaison fonctionne dans les deux sens, avec les mêmes délais, la même assurance et le même tarif. C’est le même itinéraire, parcouru en sens inverse : 553 kilomètres, environ 5 h 53 de conduite hors trafic et hors pause, pour environ 52 à 59 € de péages, au tarif relevé en septembre 2026.
