Lyon – Marseille : ce qu’il faut savoir avant de confier son véhicule
314 kilomètres et trois heures et demie de conduite par l’autoroute du Soleil, d’une métropole à l’autre. C’est le seul de nos axes qui relie deux zones à faibles émissions aux régimes opposés : ce qui immobilise un véhicule au départ le laisse passer à l’arrivée.
Deux zones à faibles émissions, deux règles contraires
C’est la particularité de cet axe, et elle se vérifie avant de prendre la route, pas pendant. Les deux extrémités du trajet sont réglementées, mais pas du tout de la même façon.
Lyon applique l’un des régimes les plus stricts de France, et c’est le point à vérifier avant tout sur cet axe. Les voitures particulières non classées ou classées Crit’Air 5, 4 et 3 y sont interdites de circulation et de stationnement depuis le 1er janvier 2025, en vertu de l’arrêté métropolitain n° 2023-ZFE-007. La particularité lyonnaise n’est pas le niveau retenu, que plusieurs métropoles appliquent aussi, mais le fait que l’interdiction vaille 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, stationnement compris, sans exemption de week-end ni de jour férié. L’amende encourue est de 68 €, contravention de troisième classe au sens de l’article R411-19-1 du code de la route. Des dérogations existent, dont le dispositif « petit rouleur », qui ouvre 52 jours de circulation par an.
Second point, décisif pour un convoyage : depuis le 1er janvier 2024, le périmètre englobe les voies M6 et M7, les anciennes A6 et A7, qui portent le tunnel de Fourvière, ainsi que le périphérique Nord et le boulevard Laurent Bonnevay. La Métropole répond sans ambiguïté qu’un véhicule concerné n’est pas autorisé à transiter par Lyon : on ne traverse donc plus l’agglomération par l’ex-autoroute, et le contournement se fait à l’est, l’A46 et l’A432 étant hors périmètre. Nous vérifions la vignette avant le départ, jamais à l’entrée de la ville.
Marseille applique un régime nettement plus souple, et sur ce trajet c’est une bonne nouvelle. Les voitures particulières non classées ou classées Crit’Air 5 et 4 y sont interdites depuis le 1er septembre 2022, sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en vertu de l’arrêté métropolitain du 28 juin 2022. Mais les Crit’Air 3 restent autorisés : leur interdiction, un temps annoncée, a été reportée sans date par l’arrêté 24-177 du 11 juin 2024. La plupart des sites qui traitent le sujet l’ignorent encore et les annoncent interdits. L’amende encourue est de 68 € pour un véhicule léger, et un pass journalier créé en juin 2024 ouvre 52 dérogations de vingt-quatre heures par an.
Le périmètre couvre 19,5 kilomètres carrés et 314 000 habitants, à l’intérieur de l’avenue du Cap Pinède, des boulevards Capitaine Gèze et de Plombières, de l’avenue Alexandre Fleming, des boulevards Françoise Duparc, Sakakini, Jean Moulin et Rabatau, et de l’avenue du Prado. Point décisif pour une livraison : la passerelle de l’A55 et les tunnels restent accessibles à tous les véhicules, quelle que soit leur vignette. Un véhicule qui n’a pas le droit de traverser Lyon peut donc entrer dans Marseille.
Concrètement, une voiture Crit’Air 3 ne peut pas transiter par Lyon alors qu’elle circule librement dans Marseille, et une Crit’Air 4 est interdite aux deux bouts. C’est exactement le genre de vérification que nous faisons au moment de la prise en charge, et qui explique qu’un trajet de trois heures se prépare.
Un mot sur une rumeur tenace : les zones à faibles émissions n’ont pas été supprimées. Leur suppression avait bien été votée, mais le Conseil constitutionnel a censuré l’article 37 de la loi de simplification de la vie économique, en le qualifiant de cavalier législatif (décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026). L’obligation demeure dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants, et 25 zones étaient en place au 1er janvier 2025. Deux d’entre elles seulement, Paris et Lyon, relèvent des restrictions renforcées au titre du dépassement des valeurs limites de qualité de l’air.
Un seul péage à payer, et il se règle à Lançon
Sur les 314 kilomètres, un seul péage est à régler. On prend un ticket à l’entrée de l’A7 à Vienne, et on paie 28,10 € au péage de Lançon, à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Les derniers kilomètres, sur l’A55 puis l’A50 jusqu’au Vieux-Port, sont gratuits.
Ce montant est un relevé pour un véhicule léger de classe 1, et il est recoupé par deux calculateurs indépendants qui donnent le même chiffre au centime. D’autres estimateurs annoncent de 22,50 € à 30 € pour ce même trajet : l’écart atteint un tiers, ce qui donne la mesure de ce que vaut un péage non vérifié. En ajoutant le carburant, environ onze euros pour une voiture moyenne, la route revient à près de 39 €, avant même de compter les heures passées au volant et le retour.
Marignane, deuxième aéroport régional, sur l’itinéraire même
L’aéroport Marseille Provence a enregistré 11 167 485 passagers en 2024, en hausse de 3,4 % sur l’année précédente, ce qui en fait le deuxième aéroport régional français derrière Nice. Il se trouve à Marignane, que cet axe longe : l’A7 puis l’A55 passent à côté avant d’entrer dans Marseille.
Cela ouvre une organisation simple, et c’est souvent celle que l’on nous demande sur ce trajet : le propriétaire prend l’avion ou le train, le véhicule part par la route avec un chauffeur. Les deux arrivent le même jour, sans que personne n’ait eu à faire trois heures et demie d’autoroute dans un sens puis dans l’autre.
Où nous enlevons et où nous livrons
Côté Lyon, l’enlèvement se fait couramment à la gare de la Part-Dieu, à Perrache, et dans les communes de Villeurbanne, Vénissieux, Bron et Saint-Priest. Côté Marseille, la livraison est demandée à la gare de Marseille-Saint-Charles, à l’aéroport Marseille Provence de Marignane, et dans les communes d’Aix-en-Provence, Aubagne, Vitrolles, Martigues et La Ciotat.
Les motifs de convoyage sur cet axe
Mutation professionnelle, achat d’un véhicule d’occasion, véhicule qui suit un déménagement, retour de location longue durée. C’est aussi l’axe où la vignette Crit’Air décide le plus souvent de la faisabilité : un véhicule ancien peut être livré à Marseille sans pouvoir repartir de Lyon par ses propres moyens.
Le trajet inverse : Marseille vers Lyon
La liaison fonctionne dans les deux sens, avec les mêmes délais, la même assurance et le même tarif. C’est le même itinéraire, parcouru en sens inverse : 314 kilomètres et environ 3 h 26 de conduite hors trafic et hors pause, pour environ 28,10 € de péages, au tarif relevé en septembre 2026.
