Bordeaux – Marseille : ce qu’il faut savoir avant de confier son véhicule
646 kilomètres d’une façade à l’autre, près de sept heures de conduite et 63,50 € de péage : c’est le plus long et le plus cher de nos axes français. Il traverse aussi quatre zones à faibles émissions, un record.
Quatre zones à faibles émissions sur un seul trajet
C’est la particularité de cet axe, et elle n’a rien d’anecdotique : il part d’une ZFE, en traverse deux autres et arrive dans une quatrième. Bordeaux, Toulouse et Montpellier sont sur le parcours, Marseille à l’arrivée. Aucun autre de nos axes n’en compte autant.
La bonne nouvelle est qu’elles ne se ressemblent pas, et que les deux plus sévères se contournent. Bordeaux est de loin la plus légère.
Bordeaux applique le régime le plus léger de nos destinations. Depuis le 1er janvier 2025, seuls les véhicules non classés y sont interdits : voitures particulières immatriculées avant le 31 décembre 1996, utilitaires légers avant le 1er octobre 1997, deux-roues avant le 1er juin 2000. Les Crit’Air 1 à 5 ne sont pas concernés, ce qui laisse passer l’immense majorité du parc : la part visée était estimée à environ 2 % des véhicules de la métropole.
La restriction vaut sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre à l’intérieur de la rocade, mais la rocade elle-même est exclue du périmètre : la contourner reste possible avec n’importe quel véhicule, et certaines voies intra-rocade restent accessibles pour rejoindre un parc-relais. Un pass ZFE ouvre 24 jours de circulation par an.
Toulouse et Montpellier ne sont traversées qu’en transit : l’A61 passe au sud de Toulouse et l’A9 au sud de Montpellier, toutes deux hors périmètre. Seules une prise en charge ou une livraison en centre-ville posent la question, et c’est alors le régime toulousain ou montpelliérain qui s’applique.
Marseille applique un régime nettement plus souple, et sur ce trajet c’est une bonne nouvelle. Les voitures particulières non classées ou classées Crit’Air 5 et 4 y sont interdites depuis le 1er septembre 2022, sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en vertu de l’arrêté métropolitain du 28 juin 2022. Mais les Crit’Air 3 restent autorisés : leur interdiction, un temps annoncée, a été reportée sans date par l’arrêté 24-177 du 11 juin 2024. La plupart des sites qui traitent le sujet l’ignorent encore et les annoncent interdits. L’amende encourue est de 68 € pour un véhicule léger, et un pass journalier créé en juin 2024 ouvre 52 dérogations de vingt-quatre heures par an.
Le périmètre couvre 19,5 kilomètres carrés et 314 000 habitants, à l’intérieur de l’avenue du Cap Pinède, des boulevards Capitaine Gèze et de Plombières, de l’avenue Alexandre Fleming, des boulevards Françoise Duparc, Sakakini, Jean Moulin et Rabatau, et de l’avenue du Prado. Point décisif pour une livraison : la passerelle de l’A55 et les tunnels restent accessibles à tous les véhicules, quelle que soit leur vignette. Un véhicule qui n’a pas le droit de traverser Lyon peut donc entrer dans Marseille.
Un mot sur une rumeur tenace : les zones à faibles émissions n’ont pas été supprimées. Leur suppression avait bien été votée, mais le Conseil constitutionnel a censuré l’article 37 de la loi de simplification de la vie économique, en le qualifiant de cavalier législatif (décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026). L’obligation demeure dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants, et 25 zones étaient en place au 1er janvier 2025. Deux d’entre elles seulement, Paris et Lyon, relèvent des restrictions renforcées au titre du dépassement des valeurs limites de qualité de l’air.
646 kilomètres et 63,50 € de péage : ce que coûte vraiment la route
Le péage s’élève à 63,50 € pour une voiture particulière, auxquels s’ajoutent une vingtaine d’euros de carburant : la route revient à environ 80 €, et c’est le plus cher de nos axes français.
Mais le coût décisif est ailleurs. Près de sept heures de conduite, c’est une journée entière pour une personne, et quasiment deux si le véhicule doit être ramené. Sur cette distance, le calcul entre conduire soi-même et confier le véhicule bascule presque toujours du même côté.
La traversée de l’Occitanie, d’Agen à Nîmes
L’itinéraire suit l’A62 de Bordeaux à Toulouse par Agen, puis l’A61 jusqu’à Narbonne par Carcassonne, l’A9 le long du littoral par Béziers et Montpellier, et enfin l’A54 par Arles avant de rejoindre Salon-de-Provence. Il traverse donc l’Occitanie de part en part.
Cela ouvre beaucoup de points d’étape : Toulouse est à 246 kilomètres de Bordeaux, Narbonne à 394, Montpellier à 483, Nîmes à 533 et Aix-en-Provence à 632. Un enlèvement ou une livraison en cours de route se chiffre dans le devis.
Où nous enlevons et où nous livrons
Côté Bordeaux, l’enlèvement se fait couramment à la gare de Bordeaux-Saint-Jean, à l’aéroport de Mérignac, et dans les communes de Pessac, Talence, Bègles, Le Bouscat et Villenave-d’Ornon. Côté Marseille, la livraison est demandée à la gare de Marseille-Saint-Charles, à l’aéroport Marseille Provence de Marignane, et dans les communes d’Aix-en-Provence, Aubagne, Vitrolles, Martigues et La Ciotat.
Les motifs de convoyage sur cet axe
Mutation professionnelle, achat d’un véhicule d’occasion à l’autre bout du Sud, déménagement, retour de flotte. Sur près de sept heures de conduite, conduire soi-même coûte une journée entière, et quasiment deux s’il faut revenir : c’est l’axe où l’arbitrage est le plus net.
Le trajet inverse : Marseille vers Bordeaux
La liaison fonctionne dans les deux sens, avec les mêmes délais, la même assurance et le même tarif. C’est le même itinéraire, parcouru en sens inverse : 646 kilomètres et environ 6 h 45 de conduite hors trafic et hors pause, pour environ 63,50 € de péages, au tarif relevé en septembre 2026.
